Cela ne fait pas un mois qu'elle est partie et je me sens mieux. Bizarre, non?
Après les premiers temps, où je me sentais chose, quelque chose était vraiment mort et je sentais encore le membre tombé; je me sens libérée. Je ne me sens plus coupable de sortir de chez moi en pensant qu'elle, qui disait avoir envie de sortir et de rencontrer des gens, restait toute seule; je ne me sens plus coupable de revenir de chez des copains de mes enfants et de penser aux siens qui ne vont jamais chez personne - après avoir essayé, les pauvres, d'aller chez les copains de mes enfants; je ne me sens plus coupable de manger des trucs qu'elle ne mange pas, ni de lui amener ce que j'ai en trop parce que je me sens coupable de manger du tartare ou du carpaccio ou du foie gras.
Je me demande pourquoi je me sentais coupable comme ça? En général, tous les gens que je connais sont contents ou amusés quand on leur parle d'un bon moment qu'on va passer. Seule Eddie avait cette façon inimitable de me souhaiter une bonne soirée en baissant des yeux pudiquement douloureux sur l'horreur de la sienne. Seule elle me disait :"Ah, tu vas au zoo avec les enfants?" en laissant résonner dans les silence des mots imprononcés "c'est pas grave, les miens resteront enfermés à la maison", auxquels je répondais "mais si tu veux je prends les tiens" - et voilà.
La force des faibles. Ces gens qui vous déposent en regardant ailleurs tout leur malheur dans les bras, et si vous grimacez ils disent : "Oui, je savais que ça te dérangerait..."
Et elle continue à créer son malheur. Elle s'est disputé avec sa nouvelle femme de ménage (nouvelle du déménagement) et n'a personne pour lui faire le ménage de son palais et garder ses enfants. Et son ex-mari depuis deux ans, dont elle ne cesse par ailleurs de déplorer le caractère, lui garde, comme toujours, ses enfants, alors qu'il travaille maintenant à 150 km... Mais je sais ce qu'il veut : la récupérer (il est amoureux d'elle). Il m'a dit il y a deux ans : elle ne peut pas se passer de moi. A l'époque, j'ai souri. Maintenant, je suis impressionnée : elle pourra toujours compter sur lui, alors qu'elle se dispute avec tout le monde. Il la récupérera peut-être, après tout...
lundi 28 mai 2007
jeudi 24 mai 2007
Surmenage?
Cela fait deux jours que je n'ai pas travaillé. Je suis chez moi et je ne fais rien. Repos absolu. Vide. Néant. Merveilleux.
dimanche 20 mai 2007
Jouer 2
Jouer, j'ai dit, et je le pense mais sje n'arrive pas àjouer avec tout, par exemple les pots de départ me stressent, pourquoi? Surement un transfert.
Déjà le mois de juin est pénible (avec l'arrêt des notes fin mai on fait cours dans le vide pendant un mois sans la carotte du contrôle - cette année je vais essayer de positiver plutôt que de râler - enfait j'ai déjà râlé auprès de tout le monde donc j'ai l'air bête de râler autant, j'arrête). Fêtes, pots, réunions, on n'arrête pas, et c'est nul.
La nana qui veut me faire une fête n'est pas une amie, c'est la mère d'un copain de Titou 1. Je connais son groupe, ils sont sympas, je les ai même fréquenté un moment, 4x4, allers-retours en France fréquents, gauche caviars, enfants bien élevés et gâtés qui font des conneries, maisons dans quartiers chics. Bon. Ils se réunissent et comme ils n'ont rien à dire ils jouent à des jeux de sociétés pour adultes, ou il faut deviner des trucs ou faire des dessins et du mime. C'est comme le quad : quand on y est, autant jouer, c'est rigolo, mais j'ai horreur de ce genre de soirée et on n'en pas fait plus de deux. Ils ont des usines dans lesquels les locaux, et surtout les locales (les seules qui bossent, les hommes fument la chicha au café) sont employés, ils sont paternalistes.
Bon. Je critique même pas, je les comprends mais en revanche je m'ennuie mortellement avec eux et cette année nous n'avons jamais été chez aucun d'entre eux.
Et les années précédents on s'est vu mais très peu.
Alors pourquoi une fête? Un adieu à quoi, au juste?
Est-ce que ça doit me stresser? Je pourrais peut-être prendre ça de loin. Au lieu de ça j'y pense tout le temps. Je n'aime pas les conflits, je ne veux pas dire qu'elle m'emmerde... En plus, si les enfants doivent se revoir...
Bon, je vais traiter le problème en local : baad choueia. (ça me rappelle un village du centre de l'Espagne, avec l'Ours on se pointe vers 17 heures devant la tienda, fermée, et on coince quelqu'un qui nous dit que ça va ouvrir (haussement d'épaules) luego, et nous, oui mais quand? Réponse luego. On revient à 18 heures, 19 heures, et on a alors compris tout le champ sémantique de luego, qui recouvre probablement parfaitement celui de baad choueia, ou même baad pas choueia).
Quand vous avez un problème, un solution : laissez le pourrir. Avec un peu de chance, il disparaitra.
Déjà le mois de juin est pénible (avec l'arrêt des notes fin mai on fait cours dans le vide pendant un mois sans la carotte du contrôle - cette année je vais essayer de positiver plutôt que de râler - enfait j'ai déjà râlé auprès de tout le monde donc j'ai l'air bête de râler autant, j'arrête). Fêtes, pots, réunions, on n'arrête pas, et c'est nul.
La nana qui veut me faire une fête n'est pas une amie, c'est la mère d'un copain de Titou 1. Je connais son groupe, ils sont sympas, je les ai même fréquenté un moment, 4x4, allers-retours en France fréquents, gauche caviars, enfants bien élevés et gâtés qui font des conneries, maisons dans quartiers chics. Bon. Ils se réunissent et comme ils n'ont rien à dire ils jouent à des jeux de sociétés pour adultes, ou il faut deviner des trucs ou faire des dessins et du mime. C'est comme le quad : quand on y est, autant jouer, c'est rigolo, mais j'ai horreur de ce genre de soirée et on n'en pas fait plus de deux. Ils ont des usines dans lesquels les locaux, et surtout les locales (les seules qui bossent, les hommes fument la chicha au café) sont employés, ils sont paternalistes.
Bon. Je critique même pas, je les comprends mais en revanche je m'ennuie mortellement avec eux et cette année nous n'avons jamais été chez aucun d'entre eux.
Et les années précédents on s'est vu mais très peu.
Alors pourquoi une fête? Un adieu à quoi, au juste?
Est-ce que ça doit me stresser? Je pourrais peut-être prendre ça de loin. Au lieu de ça j'y pense tout le temps. Je n'aime pas les conflits, je ne veux pas dire qu'elle m'emmerde... En plus, si les enfants doivent se revoir...
Bon, je vais traiter le problème en local : baad choueia. (ça me rappelle un village du centre de l'Espagne, avec l'Ours on se pointe vers 17 heures devant la tienda, fermée, et on coince quelqu'un qui nous dit que ça va ouvrir (haussement d'épaules) luego, et nous, oui mais quand? Réponse luego. On revient à 18 heures, 19 heures, et on a alors compris tout le champ sémantique de luego, qui recouvre probablement parfaitement celui de baad choueia, ou même baad pas choueia).
Quand vous avez un problème, un solution : laissez le pourrir. Avec un peu de chance, il disparaitra.
week end merveilleux
Après visite chez le médecin, infection de la peau, du derme et de l'hypoderme qu'il m'a dit, d'où oedème, d'où arrêt de trois jours dont un d'école (avec jambe en l'air) d'où j'ai appelé mon collègue, quel dommage je ne peux pas venir.
Chic.
En plus je reste à la maison lundi.
Pour que ma jambe désenfle je vais lire allongée sur mon lit avec un coussin sous le pied.
Chic.
En plus je reste à la maison lundi.
Pour que ma jambe désenfle je vais lire allongée sur mon lit avec un coussin sous le pied.
samedi 19 mai 2007
Y a des jours
Week end horrible.
Il faut que je relise ce que j'ai écrit sur le jeu et le sourire.
D'abord, je suis invitée au pot de départ d'un collègue, mais à la capitale, soit 150 km. J'ai toujours du mal à partir. En plus je n'ai aucune envie d'y aller; certes, c'est mon collègue préféré, mais, rien d'autre qu'un collègue, pas un ami; il part, je m'en fous; je sais, c'est mal, je suis trop sauvage, mais je m'en fous.
En plus il y aura tous les autres collègues, donc c'est comme si j'étais au boulot. En plus tout le monde est du genre à se coucher tard, et moi je ne veux pas. Je veux dormir. J'aime dormir. Il va falloir que je joue le jeu, que je rigole, par courtoisie vous comprenez, que je danse même alors que je déteste ça; on va me parler; il y a toujours quelqu'un dans ce genre de soirée, qui se branche avec vous et qui s'intéresse tout d'un coup et il faut parler, prononcer des mots, vains et vides, qui nous avancent à quoi? parfois je suis prise dans les mots et je parle, toute seule, mue par un ressort intérieur; mais plus ça va moins je parle. Si je ne parle pas je deviens semblable à ces gens désagréable qui m'ont rendus muette et qui m'ont fait changer; je ne sais pas si vous saisissez mon raisonnement; j'étais une jeune fille pipelette et baratineuse, toujours contente de parler de tout avec tout le monde; j'aimais parler aux gens, même ceux que je reverrais jamais. J'espérais, dans le lot, trouver des amis, des personnes avec qui parler, passer des moments - j'en ai toujours trouvé, mais toutes mes amitiés ont fini bizarrement, pas par des brouilles, mais avec des histoires, une lassitude. Je suppose que j'en faisais trop et que je lassais les gens; je me remets en cause sans problème; mais du coup je préfère ne plus parler; si c'est pour entamer une relation et être déçue, pourquoi commencer? SI je fais des erreurs, qu'on m'explique, et j'essaierais de m'améliorer, mais d'un autre côté, si c'est pour ne plus être naturelle, c'est difficile d'avoir des relations suivies avec les gens. Donc, autant ne plus parler, comme ça on ne commence pas de relations, vous voyez?
Alors si je vais à une telle soirée, si je ne danse pas, si je ne discute pas, je fais quoi? Je fais ma polie, c'est tout.
En plus il va me falloir organiser une soirée d'adieu, on m'en parle et devant mon air peu réjoui on m'a dit qu'on allait m'en organiser une!!!
En plus j'ai mal à la jambe, c'est bizarre, et je n'ai pas été voir le médecin, j'ai tort je sais, mais je déteste les médecins et celui qui me suit est absent.
En plus l'Ours est désagréable en ce moment, comme il sait l'être, absorbé dans ses pensées et son travail et il parle par grognement et comme il considère qu'il fait tout ou beaucoup de choses dans le couple alors que moi non, il me pose des questions du genre "Qu'est-ce que tu as prévu pour ce soir?", sous-entendu lui ne prévoit rien c'est moi qui doit me débrouiller, alors je me débrouille à ma façon.
Bref. Ma jambe est bizarre, j'appelle un médecin.
Il faut que je relise ce que j'ai écrit sur le jeu et le sourire.
D'abord, je suis invitée au pot de départ d'un collègue, mais à la capitale, soit 150 km. J'ai toujours du mal à partir. En plus je n'ai aucune envie d'y aller; certes, c'est mon collègue préféré, mais, rien d'autre qu'un collègue, pas un ami; il part, je m'en fous; je sais, c'est mal, je suis trop sauvage, mais je m'en fous.
En plus il y aura tous les autres collègues, donc c'est comme si j'étais au boulot. En plus tout le monde est du genre à se coucher tard, et moi je ne veux pas. Je veux dormir. J'aime dormir. Il va falloir que je joue le jeu, que je rigole, par courtoisie vous comprenez, que je danse même alors que je déteste ça; on va me parler; il y a toujours quelqu'un dans ce genre de soirée, qui se branche avec vous et qui s'intéresse tout d'un coup et il faut parler, prononcer des mots, vains et vides, qui nous avancent à quoi? parfois je suis prise dans les mots et je parle, toute seule, mue par un ressort intérieur; mais plus ça va moins je parle. Si je ne parle pas je deviens semblable à ces gens désagréable qui m'ont rendus muette et qui m'ont fait changer; je ne sais pas si vous saisissez mon raisonnement; j'étais une jeune fille pipelette et baratineuse, toujours contente de parler de tout avec tout le monde; j'aimais parler aux gens, même ceux que je reverrais jamais. J'espérais, dans le lot, trouver des amis, des personnes avec qui parler, passer des moments - j'en ai toujours trouvé, mais toutes mes amitiés ont fini bizarrement, pas par des brouilles, mais avec des histoires, une lassitude. Je suppose que j'en faisais trop et que je lassais les gens; je me remets en cause sans problème; mais du coup je préfère ne plus parler; si c'est pour entamer une relation et être déçue, pourquoi commencer? SI je fais des erreurs, qu'on m'explique, et j'essaierais de m'améliorer, mais d'un autre côté, si c'est pour ne plus être naturelle, c'est difficile d'avoir des relations suivies avec les gens. Donc, autant ne plus parler, comme ça on ne commence pas de relations, vous voyez?
Alors si je vais à une telle soirée, si je ne danse pas, si je ne discute pas, je fais quoi? Je fais ma polie, c'est tout.
En plus il va me falloir organiser une soirée d'adieu, on m'en parle et devant mon air peu réjoui on m'a dit qu'on allait m'en organiser une!!!
En plus j'ai mal à la jambe, c'est bizarre, et je n'ai pas été voir le médecin, j'ai tort je sais, mais je déteste les médecins et celui qui me suit est absent.
En plus l'Ours est désagréable en ce moment, comme il sait l'être, absorbé dans ses pensées et son travail et il parle par grognement et comme il considère qu'il fait tout ou beaucoup de choses dans le couple alors que moi non, il me pose des questions du genre "Qu'est-ce que tu as prévu pour ce soir?", sous-entendu lui ne prévoit rien c'est moi qui doit me débrouiller, alors je me débrouille à ma façon.
Bref. Ma jambe est bizarre, j'appelle un médecin.
mercredi 9 mai 2007
Jouer
Parlons du jeu.
Un jour j'ai compris que tout ceci n'était qu'un jeu, en attendant l'issue inéluctable que nous connaissons tous.
Jouer aide à sourire.
Jouer permet de relativiser.
Tout n'est qu'un jeu. Nous ne vivons pas réellement. Rien ne peut être vraiment sérieux, n'est-ce pas? Tout va s'arrêter, et la vraie vie va commencer.
Comment prendre au sérieux la vie? Elle nous blesse, mais il ne faut pas y croire. Les gens peuvent-ils être aussi mesquins? Tous dans la même galère, est-il sensé de croire que nous soyons aussi sourds à nos compagnons d'infortune?
Chaque fois que j'ai voulu être gentille et aider des gens, je me suis fait avoir. Bon. Je peux aussi être méchante, et maintenant je vis ma vie pour moi, un peu seule, mais bien contente. Est-il possible qu'il faille en arriver là?
Bon, j'arrête avec mes blagues mi-figue, mi-raisin. Ce n'est pas drôle.
Cependant, prendre la vie comme un jeu (là, vous venez de perdre : pas grave, la prochaine fois vous gagnerez - ou l'inverse) aide beaucoup. A chaque anicroche vous souriez. Vous pensez, d'un coeur léger et sans vous appesantir sur votre malheur, à la prochaine étape, ou au lendemain. Vous vous débarrassez de pensées tristes et mortifères.
Jouez! La vie est un jeu.
Du coup^, on devient gai et léger et tout va mieux.
Evidemment, il ne faut pas être dans une situation grave, risquer de perdre son emploi ou être malade. Pourtant, si l'on savait jouer et rire dans de semblables circonstances, ce serait mieux sûrement.
Un jour j'ai compris que tout ceci n'était qu'un jeu, en attendant l'issue inéluctable que nous connaissons tous.
Jouer aide à sourire.
Jouer permet de relativiser.
Tout n'est qu'un jeu. Nous ne vivons pas réellement. Rien ne peut être vraiment sérieux, n'est-ce pas? Tout va s'arrêter, et la vraie vie va commencer.
Comment prendre au sérieux la vie? Elle nous blesse, mais il ne faut pas y croire. Les gens peuvent-ils être aussi mesquins? Tous dans la même galère, est-il sensé de croire que nous soyons aussi sourds à nos compagnons d'infortune?
Chaque fois que j'ai voulu être gentille et aider des gens, je me suis fait avoir. Bon. Je peux aussi être méchante, et maintenant je vis ma vie pour moi, un peu seule, mais bien contente. Est-il possible qu'il faille en arriver là?
Bon, j'arrête avec mes blagues mi-figue, mi-raisin. Ce n'est pas drôle.
Cependant, prendre la vie comme un jeu (là, vous venez de perdre : pas grave, la prochaine fois vous gagnerez - ou l'inverse) aide beaucoup. A chaque anicroche vous souriez. Vous pensez, d'un coeur léger et sans vous appesantir sur votre malheur, à la prochaine étape, ou au lendemain. Vous vous débarrassez de pensées tristes et mortifères.
Jouez! La vie est un jeu.
Du coup^, on devient gai et léger et tout va mieux.
Evidemment, il ne faut pas être dans une situation grave, risquer de perdre son emploi ou être malade. Pourtant, si l'on savait jouer et rire dans de semblables circonstances, ce serait mieux sûrement.
lundi 7 mai 2007
Le sourire de Ségolène
Immédiatement ou presque après sa défaite, elle a été parler avec le sourire, avec un sourire d'une force incroyable - elle m'a sciée.
Peu importe ce qu'elle a dit, tout était dans le sourire.
Il disait (un peu comme le Caligula de Camus) :" je suis encore là! Ce n'est pas fini!"
Les choses, pour elles, ne font que commencer : elle s'est emparé du parti, et bien que je ne sois pas du tout de ses partisans, j'admire (je ne peux pas m'en empêcher) sa force. Est-ce du stalinisme non-violent? (Elimination progressive des adversaires, en les faisant alternativement passer du statu d'allié à celui d'adversaires à éliminer, en s'appuyant sur de nouveaux alliés, futurs adversaires à éliminer).
Quand je dis que je l'admire, précisons que c'est avec une sorte de fascination pour l'animal politique. Simultanément, elle me fait peur, exactement autant que Sarkozy, mais le style de Sarkozy est différent.
D'ailleurs toute la politique me terrorise en ce moment, mais une chose est sûre, ou plutôt deux :
Franchement, je l'avoue, j'ai trouvé Ségolène gourde pendant tout le début de la campagne.
Elle m'a épaté durant son débat : méthodique, volontaire, habile.
Le sourire m'a achevé.
A mon avis, les Vieux-Socialistes sont cuits, mais elle... elle est peut-être encore plus machiavélique que Mitterand.
Peu importe ce qu'elle a dit, tout était dans le sourire.
Il disait (un peu comme le Caligula de Camus) :" je suis encore là! Ce n'est pas fini!"
Les choses, pour elles, ne font que commencer : elle s'est emparé du parti, et bien que je ne sois pas du tout de ses partisans, j'admire (je ne peux pas m'en empêcher) sa force. Est-ce du stalinisme non-violent? (Elimination progressive des adversaires, en les faisant alternativement passer du statu d'allié à celui d'adversaires à éliminer, en s'appuyant sur de nouveaux alliés, futurs adversaires à éliminer).
Quand je dis que je l'admire, précisons que c'est avec une sorte de fascination pour l'animal politique. Simultanément, elle me fait peur, exactement autant que Sarkozy, mais le style de Sarkozy est différent.
D'ailleurs toute la politique me terrorise en ce moment, mais une chose est sûre, ou plutôt deux :
- Les démocraties évoluent toutes en dictatures.
- On a les hommes politiques que l'on mérite et que l'on se donne (je ne pense pas seulement à l'élection).
Franchement, je l'avoue, j'ai trouvé Ségolène gourde pendant tout le début de la campagne.
Elle m'a épaté durant son débat : méthodique, volontaire, habile.
Le sourire m'a achevé.
A mon avis, les Vieux-Socialistes sont cuits, mais elle... elle est peut-être encore plus machiavélique que Mitterand.
Oui mais....
... ce n'est pas si mal que cela. Car en revanche, j'ai acquis de la confiance en moi, de la sérénité, et seule je sais le confort qu'apporte la sensation quotidienne d'être bien, juste là. j'ai appris, par exemple, à profiter des moments.
Cet été, seule, sur ma terrasse, entourée de livres, regardant le ciel bleu, j'ai passé de longs moments, à flotter dans le ciel, à rêver, à voyager dans les livres. De moments aussi simples et aussi agréables, je n'en ai guère connu jeune.
Dois-je, raisonnablement, conclure qu'il y a un temps pour tout?
Cet été, seule, sur ma terrasse, entourée de livres, regardant le ciel bleu, j'ai passé de longs moments, à flotter dans le ciel, à rêver, à voyager dans les livres. De moments aussi simples et aussi agréables, je n'en ai guère connu jeune.
Dois-je, raisonnablement, conclure qu'il y a un temps pour tout?
Que sont mes amis devenus?
... ou ce que j'appelais avant "amitié".
Est-ce que cela existe? Quelles en sont nos motivations?
Etudiante, j'avais plein de copines et de copains et je ne me posais aucune question : les copains et les copines, c'était ceux avec qui je rigolais, toujours à l'aise, toujours moi-même.
Aujourd'hui je me demande si ce moi-même était réel ou factice, n'empêche que je me suis amusée (à ma façon - c'est-à-dire, je dois le reconnaitre, très sage, hélas?).
Puis, sans que je sache comment - ce sont amis que vent emporte...- ils m'ont glissé entre les doigts : autres amis, autres fréquentations, je n'ai rien compris. Comment ai-je pu autant m'amuser avec des gens qui sont partis, se sont éloignés, sans explications?
Je me suis alors rabattue sur mes amis d'avant, pas totalement négligés. Mais ça n'était plus ça. Nous nous voyons encore, quand je passe en France, nous déjeunons ensemble, mais il manque le quotidien, la fréquentation. Nous nous voyions de loin en loin, nous ne partageons plus rien.
Mes amies des autres expatriations sont loin. Trop loin. Aller les voir, pour ressusciter le souvenir de moments qui ne sont plus?
Mes amies d'ici : mensonge et Cie. Il faut dire que pour la première fois, j'ai eu une position de "femme de". J'ai du être maladroite. Ce genre de position crée des envies, et je voulais vivre dans le monde de Maya l'Abeille. J'ai voulu partager ce que j'avais avec tout le monde (accès à une piscine et à une plage). Erreur.
J'ai surtout voulu construire une relation sur la relation, et non sur une expérience partagée; exemple : quand on est étudiante, on partage le stress des études avec les autres, d'où les liens. Au travail, de même. La co-expatriation est un lien, mais pas si puissant. Il faut d'abord partager quelque chose pour créer une amitié.
Un texte d'MRY vient à point nommé me donner un élément, peut-être, de mon problème. En cherchant des mais, nous cherchons des pairs, et nous, enfin moi en tout cas, je suis toujours au bord de me noyer dans un quête qui ressemble à une fuite en avant. Et pourquoi? Parce que ce qui me manque, c'est le lien avec l'endroit d'où je viens, ma famille. La relation est si décevante que je cherche ailleurs : mais rien ne peut la remplacer, en fait, sauf par chance.
Je cherche à tout prix à me créer un monde autour de moi; souvent j'ai l'impression que mes "amis" sont un cocon, douillet et protecteur. Ces derniers cinq ans j'ai souvent eu le coeur serré parce que le cocon devenait de plus en plus ténu; la membrane qui me sépare du désagréable monde extérieur est fine.
Et ces derniers cinq ans, j'ai charcuté mes amitiés. J'ai compris, à chaque retour à Paris, que, hélas, le passé était mort. Tous ceux et celles que j'appelais, pour les revoir, et en les revoyant, raviver une ambiance morte, me répondaient, j'avais leurs mots mais rien d'autres.
Prenons un exemple. Donjons et Dragons. Il y a longtemps, toute une bande de mes copains était fan de D&D. Nous avons eu plusieurs soirées (je jouais avec eux, mais mes choix d'alignement et mon caractère faisaient que je mourais en moins de deux; ils n'étaient pas sympa et ne me laissaient guère le temps de me familiariser avec le jeu). Mais j'adorais l'ambiance. Ils partageaient avec moi le goût du Seigneur des Anneaux, des Princes d'Ambre, de Dune, Philip Dick... je pouvais avec eux voyager et faire exister un peu plus ces univers, autour de moi, en moi...
Pendant deux ans je les ai rejoint à chaque partie. Même si je ne jouais pas, je restai là, je m'endormais dans le canapé et j'écoutais leurs aventures. Le Maître du Donjon, un de mes meilleurs amis, inventait de merveilleuses histoires et je voyageais avec eux. Nous étions chez l'un d'entre nous, près des Buttes-Chaumont, je dormais dans le canapé, nous rentrions chez un autre copain avant 5 heures du matin, à pied dans Paris...
Je n'ai plus de contact maintenant qu'avec un seul d'entre eux, que je n'ai pas vu depuis trois ans. Comment ai-je cessé de les voir? Je crois qu'eux-mêmes ont peu à peu espacé leurs parties. Bref, ça c'est terminé. C'était l'un de mes meilleurs souvenirs, je vois encore les deux appart où les aventures étaient organisées... je n'ai plus jamais retrouvé cette ambiance - mais n'ai-je pas rêvé? amplifié? magnifié cette ambiance? Mon désir de faire exister Benedict, Corvin, Legolas (parce que moi, ça fait 25 ans que je suis amoureuse de Legolas, s'il vous plait), Duncan Idaho n'a-t-il pas insensiblement sublimé ces moments?
Quand, il y a trois ans, j'en ai revu un, mon plus proche copain, j'ai eu l'impression horrible d'exhumer un mort. C'était lui et ce n'était pas lui. C'était lui : il jouait à Age of Mythologie, et s'habillait toujours de jean pourri et de t-shirt noirs un peu déchirés. Ce n'était pas lui : marié, il vivait dans un joli appart, qui ne lui ressemblait pas, celui de sa femme, charmante, mais aussi peu assortie au souvenir que j'avais de lui qu'un marteau à une orchidée. Du reste ils ont divorcé.
Voilà pour une partie de mes amitiés de jeunesse.
Que sont mes amis devenus? Que j'avais de si près tenus? Et tant aimés?
Sur un blog, je retrouve, version Scpo, un peu cruelle (il y a du Valmont, quand il finit par être amoureux, chez Benedicte), cette ambiance de sentiments profonds, auxquels on se laisse aller, et je me demande s'il leur arrivera la même chose qu'à moi, si toute cette débauche de sentiments, acidulés et merveilleux, disparaitra. Il me semble que oui, et j'en pleurerais.
Tout ce que j'ai de beau, et d'un peu fou, ce sont mes enfants; pour le reste, je suis devenue raisonnable. Et très efficace! Mais si raisonnable... Comme je voudrais encore croire que l'enfance est éternelle, que les amitiés durent...
Est-ce que cela existe? Quelles en sont nos motivations?
Etudiante, j'avais plein de copines et de copains et je ne me posais aucune question : les copains et les copines, c'était ceux avec qui je rigolais, toujours à l'aise, toujours moi-même.
Aujourd'hui je me demande si ce moi-même était réel ou factice, n'empêche que je me suis amusée (à ma façon - c'est-à-dire, je dois le reconnaitre, très sage, hélas?).
Puis, sans que je sache comment - ce sont amis que vent emporte...- ils m'ont glissé entre les doigts : autres amis, autres fréquentations, je n'ai rien compris. Comment ai-je pu autant m'amuser avec des gens qui sont partis, se sont éloignés, sans explications?
Je me suis alors rabattue sur mes amis d'avant, pas totalement négligés. Mais ça n'était plus ça. Nous nous voyons encore, quand je passe en France, nous déjeunons ensemble, mais il manque le quotidien, la fréquentation. Nous nous voyions de loin en loin, nous ne partageons plus rien.
Mes amies des autres expatriations sont loin. Trop loin. Aller les voir, pour ressusciter le souvenir de moments qui ne sont plus?
Mes amies d'ici : mensonge et Cie. Il faut dire que pour la première fois, j'ai eu une position de "femme de". J'ai du être maladroite. Ce genre de position crée des envies, et je voulais vivre dans le monde de Maya l'Abeille. J'ai voulu partager ce que j'avais avec tout le monde (accès à une piscine et à une plage). Erreur.
J'ai surtout voulu construire une relation sur la relation, et non sur une expérience partagée; exemple : quand on est étudiante, on partage le stress des études avec les autres, d'où les liens. Au travail, de même. La co-expatriation est un lien, mais pas si puissant. Il faut d'abord partager quelque chose pour créer une amitié.
Un texte d'MRY vient à point nommé me donner un élément, peut-être, de mon problème. En cherchant des mais, nous cherchons des pairs, et nous, enfin moi en tout cas, je suis toujours au bord de me noyer dans un quête qui ressemble à une fuite en avant. Et pourquoi? Parce que ce qui me manque, c'est le lien avec l'endroit d'où je viens, ma famille. La relation est si décevante que je cherche ailleurs : mais rien ne peut la remplacer, en fait, sauf par chance.
Je cherche à tout prix à me créer un monde autour de moi; souvent j'ai l'impression que mes "amis" sont un cocon, douillet et protecteur. Ces derniers cinq ans j'ai souvent eu le coeur serré parce que le cocon devenait de plus en plus ténu; la membrane qui me sépare du désagréable monde extérieur est fine.
Et ces derniers cinq ans, j'ai charcuté mes amitiés. J'ai compris, à chaque retour à Paris, que, hélas, le passé était mort. Tous ceux et celles que j'appelais, pour les revoir, et en les revoyant, raviver une ambiance morte, me répondaient, j'avais leurs mots mais rien d'autres.
Prenons un exemple. Donjons et Dragons. Il y a longtemps, toute une bande de mes copains était fan de D&D. Nous avons eu plusieurs soirées (je jouais avec eux, mais mes choix d'alignement et mon caractère faisaient que je mourais en moins de deux; ils n'étaient pas sympa et ne me laissaient guère le temps de me familiariser avec le jeu). Mais j'adorais l'ambiance. Ils partageaient avec moi le goût du Seigneur des Anneaux, des Princes d'Ambre, de Dune, Philip Dick... je pouvais avec eux voyager et faire exister un peu plus ces univers, autour de moi, en moi...
Pendant deux ans je les ai rejoint à chaque partie. Même si je ne jouais pas, je restai là, je m'endormais dans le canapé et j'écoutais leurs aventures. Le Maître du Donjon, un de mes meilleurs amis, inventait de merveilleuses histoires et je voyageais avec eux. Nous étions chez l'un d'entre nous, près des Buttes-Chaumont, je dormais dans le canapé, nous rentrions chez un autre copain avant 5 heures du matin, à pied dans Paris...
Je n'ai plus de contact maintenant qu'avec un seul d'entre eux, que je n'ai pas vu depuis trois ans. Comment ai-je cessé de les voir? Je crois qu'eux-mêmes ont peu à peu espacé leurs parties. Bref, ça c'est terminé. C'était l'un de mes meilleurs souvenirs, je vois encore les deux appart où les aventures étaient organisées... je n'ai plus jamais retrouvé cette ambiance - mais n'ai-je pas rêvé? amplifié? magnifié cette ambiance? Mon désir de faire exister Benedict, Corvin, Legolas (parce que moi, ça fait 25 ans que je suis amoureuse de Legolas, s'il vous plait), Duncan Idaho n'a-t-il pas insensiblement sublimé ces moments?
Quand, il y a trois ans, j'en ai revu un, mon plus proche copain, j'ai eu l'impression horrible d'exhumer un mort. C'était lui et ce n'était pas lui. C'était lui : il jouait à Age of Mythologie, et s'habillait toujours de jean pourri et de t-shirt noirs un peu déchirés. Ce n'était pas lui : marié, il vivait dans un joli appart, qui ne lui ressemblait pas, celui de sa femme, charmante, mais aussi peu assortie au souvenir que j'avais de lui qu'un marteau à une orchidée. Du reste ils ont divorcé.
Voilà pour une partie de mes amitiés de jeunesse.
Que sont mes amis devenus? Que j'avais de si près tenus? Et tant aimés?
Sur un blog, je retrouve, version Scpo, un peu cruelle (il y a du Valmont, quand il finit par être amoureux, chez Benedicte), cette ambiance de sentiments profonds, auxquels on se laisse aller, et je me demande s'il leur arrivera la même chose qu'à moi, si toute cette débauche de sentiments, acidulés et merveilleux, disparaitra. Il me semble que oui, et j'en pleurerais.
Tout ce que j'ai de beau, et d'un peu fou, ce sont mes enfants; pour le reste, je suis devenue raisonnable. Et très efficace! Mais si raisonnable... Comme je voudrais encore croire que l'enfance est éternelle, que les amitiés durent...
dimanche 6 mai 2007
Projections
Quand on rencontre quelqu'un, on sefait parfois une idée de lui non-conforme à ce qu'il est réellement. Je comprends que c'est que qui s'est passé avec Eddie.
J'ai été attirée par son côté non-conventionnel. Ce n'était pas l'expat de base, ni la Française mariée à un Ifriqyien de base, non plus. Drôle, tonique, caustique, elle dissimulait des blessures profondes que je n'ai pas vu du tout et qui ont fini par ressortir.
Il est donc important que j'évite cela à l'avenir. Or, j'ai une forte tendance à projeter des trucs sur les gens. Je pense qu'on le fait tous, mais comment éviter les drames?
D'abord, il faut établir plus de distance. Je ne dois pas me laisser aller à la sympathie superficielle qui peut s'établir très vite entre les gens.
Ensuite, attention aux relations. Rendre service, par exemple, pose un problème. Chaque fois que je peux, je veux rendre service. Mais ce n'est pas une bonne idée. Comment procéder?
Mon raisonnement est le suivant : si je vais d'un point a à un point b et que je croise quelqu'un qui y va aussi et qui n' pas de voiture, je le prend avec moi. Correct, non? Seulement, il faut bien que j'en arrive à la conclusion que cela m'amène à être prise pour une poire.
En réfléchissant, je crois que je dérape parfois. Exemple : je vais de a à b, et X me demande si je peux me détourner légèrement de ma route pour passer à c, qui n'est pas sur le segment ab. J'accepte. Là est l'erreur. je dois peut-être refuser cela, sauf quand je connais les gens.
Non, je sais. Je sais, j'ai trouvé.
Quelque soit les points que je relie, j'attends, en allant de a à b, passant ou pas par c, à ce que l'on en arrive à la conclusion que je suis sympa. En fait, on en arrive à ce que je disais ailleurs, je crois : avant, j'essayais toujours d'être sympa. Je fais des trucs sympa, pour donner de moi une image sympa.
C'est ça l'erreur. En fait je ne donne pas : j'attends en retour. Je souhaite donc initier un échange, ce qui n'est pas un problème, sauf que c'est un non-dit, même moi je me le cache (je viens de m'en rendre compte là).
Or donc : la prochaine fois que je rendrai un service (je ne peux pas me dire que je rendrais plus de service, ce n'est pas possible, j'aurais honte de moi, même si personne ne pense à ce que je n'ai pas fait), je le ferais parce que je sais que je ne peux pas ne pas le faire. Parce que je veux m'épargner à moi-même un sentiment de culpabilité. L'étape suivante, donner de moi-même l'image d'une fille sympa, je dois laisser tomber. D'ailleurs, cette année, j'ai découvert que je n'étais pas sympa. Mes intentions envers les gens sont bonnes en général, mais je les juge avec une sévérité que rien n'autorise à trouver sympa.
Le problème c'est de tout mélanger.
Moi, c'est moi - je ne sais pas qui je vois quand je regarde en moi-même.
Mes attitudes, c'est moi, mais pas complètement. Je choisis de faire certaines choses parce que je veux les faire. Ces choses visent généralement à "être sympa". Je discerne là-dedans le cadavre de mes relations avec ma mère et ma soeur. C'est comme si j'essayais éternellement de prouver à ma mère que je suis gentille et que je veux l'aider, parce qu'elle me reprochait d'être froide et elle disait de moi que je "vivais à côté des gens". J'ai combattu cela en moi, et on pourrait chercher à savoir si je suis comme ça parce que ma chère mère me disait telle ou parce que c'est moi.
Il faut bien voir la réalité : je vis à côté des gens, même si j'ai besoin d'eux, pour, en quelque sorte, décorer ma vie intérieure, je ne suis pas du tout conviviale, et j'aime de moins en moins recevoir des "amis" chez moi - j'e ressens de moins en moins d'amitié, d'ailleurs.
C'est triste, c'est lugubre, je m'en veux d'être comme ça mais paradoxalement je me sens plus légère. Je m'en sors en me disant que je dois être névrosée, voire pire (avec la famille que j'ai, on ne peut pas y échapper). Mais tout de même, de loin, j'aime bien les gens et je n'aime pas me voir enfermée dans ma tour (même si j'y suis bien).
Donc, je dois rendre service. C'est égoïste, cela me déculpabilise de me voir telle que je suis, mais tant qu'à faire, ça peut être utile, non?
C'est bien pour mes enfants aussi, parce que les pauvres, si je m'écoutais ils ne verraient personne.
Quoiqu'il en soit, je ne dois pas prendre ces services pour plus que cela : un dialogue social. L'erreur est d'en attendre plus de conséquences amicales ou souriantes. Ne rien en attendre d'autres que du pragmatique, un café ou une conversation sympa après un trajet en voiture. Ne pas inférer après la conversation ou le café que ça y est j'ai une nouvelle copine avec qui je vais pouvoir rigoler. Prendre la conversation ou le café pour ce qu'ils sont : un bon moment, et les apprécier comme tels.
Pour la profondeur, relire Sénèque. Il a déjà dit à peu près tout sur les rapports humains, donc inutile de chercher un vivant à qui le dire.
J'ai juste besoin des vivants pour un café.
Ou un thé, d'ailleurs.
J'ai été attirée par son côté non-conventionnel. Ce n'était pas l'expat de base, ni la Française mariée à un Ifriqyien de base, non plus. Drôle, tonique, caustique, elle dissimulait des blessures profondes que je n'ai pas vu du tout et qui ont fini par ressortir.
Il est donc important que j'évite cela à l'avenir. Or, j'ai une forte tendance à projeter des trucs sur les gens. Je pense qu'on le fait tous, mais comment éviter les drames?
D'abord, il faut établir plus de distance. Je ne dois pas me laisser aller à la sympathie superficielle qui peut s'établir très vite entre les gens.
Ensuite, attention aux relations. Rendre service, par exemple, pose un problème. Chaque fois que je peux, je veux rendre service. Mais ce n'est pas une bonne idée. Comment procéder?
Mon raisonnement est le suivant : si je vais d'un point a à un point b et que je croise quelqu'un qui y va aussi et qui n' pas de voiture, je le prend avec moi. Correct, non? Seulement, il faut bien que j'en arrive à la conclusion que cela m'amène à être prise pour une poire.
En réfléchissant, je crois que je dérape parfois. Exemple : je vais de a à b, et X me demande si je peux me détourner légèrement de ma route pour passer à c, qui n'est pas sur le segment ab. J'accepte. Là est l'erreur. je dois peut-être refuser cela, sauf quand je connais les gens.
Non, je sais. Je sais, j'ai trouvé.
Quelque soit les points que je relie, j'attends, en allant de a à b, passant ou pas par c, à ce que l'on en arrive à la conclusion que je suis sympa. En fait, on en arrive à ce que je disais ailleurs, je crois : avant, j'essayais toujours d'être sympa. Je fais des trucs sympa, pour donner de moi une image sympa.
C'est ça l'erreur. En fait je ne donne pas : j'attends en retour. Je souhaite donc initier un échange, ce qui n'est pas un problème, sauf que c'est un non-dit, même moi je me le cache (je viens de m'en rendre compte là).
Or donc : la prochaine fois que je rendrai un service (je ne peux pas me dire que je rendrais plus de service, ce n'est pas possible, j'aurais honte de moi, même si personne ne pense à ce que je n'ai pas fait), je le ferais parce que je sais que je ne peux pas ne pas le faire. Parce que je veux m'épargner à moi-même un sentiment de culpabilité. L'étape suivante, donner de moi-même l'image d'une fille sympa, je dois laisser tomber. D'ailleurs, cette année, j'ai découvert que je n'étais pas sympa. Mes intentions envers les gens sont bonnes en général, mais je les juge avec une sévérité que rien n'autorise à trouver sympa.
Le problème c'est de tout mélanger.
Moi, c'est moi - je ne sais pas qui je vois quand je regarde en moi-même.
Mes attitudes, c'est moi, mais pas complètement. Je choisis de faire certaines choses parce que je veux les faire. Ces choses visent généralement à "être sympa". Je discerne là-dedans le cadavre de mes relations avec ma mère et ma soeur. C'est comme si j'essayais éternellement de prouver à ma mère que je suis gentille et que je veux l'aider, parce qu'elle me reprochait d'être froide et elle disait de moi que je "vivais à côté des gens". J'ai combattu cela en moi, et on pourrait chercher à savoir si je suis comme ça parce que ma chère mère me disait telle ou parce que c'est moi.
Il faut bien voir la réalité : je vis à côté des gens, même si j'ai besoin d'eux, pour, en quelque sorte, décorer ma vie intérieure, je ne suis pas du tout conviviale, et j'aime de moins en moins recevoir des "amis" chez moi - j'e ressens de moins en moins d'amitié, d'ailleurs.
C'est triste, c'est lugubre, je m'en veux d'être comme ça mais paradoxalement je me sens plus légère. Je m'en sors en me disant que je dois être névrosée, voire pire (avec la famille que j'ai, on ne peut pas y échapper). Mais tout de même, de loin, j'aime bien les gens et je n'aime pas me voir enfermée dans ma tour (même si j'y suis bien).
Donc, je dois rendre service. C'est égoïste, cela me déculpabilise de me voir telle que je suis, mais tant qu'à faire, ça peut être utile, non?
C'est bien pour mes enfants aussi, parce que les pauvres, si je m'écoutais ils ne verraient personne.
Quoiqu'il en soit, je ne dois pas prendre ces services pour plus que cela : un dialogue social. L'erreur est d'en attendre plus de conséquences amicales ou souriantes. Ne rien en attendre d'autres que du pragmatique, un café ou une conversation sympa après un trajet en voiture. Ne pas inférer après la conversation ou le café que ça y est j'ai une nouvelle copine avec qui je vais pouvoir rigoler. Prendre la conversation ou le café pour ce qu'ils sont : un bon moment, et les apprécier comme tels.
Pour la profondeur, relire Sénèque. Il a déjà dit à peu près tout sur les rapports humains, donc inutile de chercher un vivant à qui le dire.
J'ai juste besoin des vivants pour un café.
Ou un thé, d'ailleurs.
jeudi 3 mai 2007
Eddie
A propos d'Eddie, cette fille avec qui j'ai été amie.
Comme je le sentais, il y avait bien quelque chose comme de la jalousie, je viens juste de l'apprendre aujourd'hui, plus d'un an après. Alors que j'ai si souvent gardé ses enfants, elle a mal supporté que les miens aillent chez elle lors de la présence de la baby-sitter, alors même que j'y ai mis le holà, par une brusque prudence. Donc, sa baby-sitter a, selon elle, gardé mes enfants aussi, alors que cela a été plus que rare, genre une heure par semaine.
Le problème, c'est que je lui ai gardé ses enfants pendant huit mois, trois jours par semaine, pour la dépanner (précisons : gratuitement). Je me suis senti très cool avec elle, et j'étais persuadée que cela ne posait aucun problème que les enfants jouent ensemble lorsque la bay-sitter était là (parfois ils jouaient chez moi). Quand j'ai soupçonné que cela pouvait poser problème, j'ai eu honte de moi mais j'ai préfé ré obliger les enfants à rester à la maison quand Eddie n'était pas là.
J'étais celle qui a tout, ou beaucoup : et je n'allais pas lui prendre sa baby-sitter (que je lui avais trouvé).
On dirait Desperate Housewife. C'est horrible.
La question, c'est : comment éviter que cela ne recommence? Dois-je ne jamais rendre service aux gens? Quelle est la bonne attitude, si on ne veut pas se refermer aux autres?
Parce que le problème, c'est que vous rendez service aux gens, ensuite vous croyez que vous êtes amis, et vous réalisez ensuite que votre "amie" dit des horreurs sur vous. Le mieux serait d'être désagréable dès le début : puisqu'on va dire des horreurs sur vous, autant qu'elles soient vraies, non?
On m'avait raconté des histoires comme ça, mais cela ne m'était jamais arrivé. Qu'est-ce que je me sens godiche.
La solution, c'est d'être busy. Trop busy pour rendre service autrement qu'en passant.
Mais d'où venait que je trouvais cette fille sympa?
Comme je le sentais, il y avait bien quelque chose comme de la jalousie, je viens juste de l'apprendre aujourd'hui, plus d'un an après. Alors que j'ai si souvent gardé ses enfants, elle a mal supporté que les miens aillent chez elle lors de la présence de la baby-sitter, alors même que j'y ai mis le holà, par une brusque prudence. Donc, sa baby-sitter a, selon elle, gardé mes enfants aussi, alors que cela a été plus que rare, genre une heure par semaine.
Le problème, c'est que je lui ai gardé ses enfants pendant huit mois, trois jours par semaine, pour la dépanner (précisons : gratuitement). Je me suis senti très cool avec elle, et j'étais persuadée que cela ne posait aucun problème que les enfants jouent ensemble lorsque la bay-sitter était là (parfois ils jouaient chez moi). Quand j'ai soupçonné que cela pouvait poser problème, j'ai eu honte de moi mais j'ai préfé ré obliger les enfants à rester à la maison quand Eddie n'était pas là.
J'étais celle qui a tout, ou beaucoup : et je n'allais pas lui prendre sa baby-sitter (que je lui avais trouvé).
On dirait Desperate Housewife. C'est horrible.
La question, c'est : comment éviter que cela ne recommence? Dois-je ne jamais rendre service aux gens? Quelle est la bonne attitude, si on ne veut pas se refermer aux autres?
Parce que le problème, c'est que vous rendez service aux gens, ensuite vous croyez que vous êtes amis, et vous réalisez ensuite que votre "amie" dit des horreurs sur vous. Le mieux serait d'être désagréable dès le début : puisqu'on va dire des horreurs sur vous, autant qu'elles soient vraies, non?
On m'avait raconté des histoires comme ça, mais cela ne m'était jamais arrivé. Qu'est-ce que je me sens godiche.
La solution, c'est d'être busy. Trop busy pour rendre service autrement qu'en passant.
Mais d'où venait que je trouvais cette fille sympa?
mercredi 2 mai 2007
Sourire
Bon, alors, partons du début. J'ai du mal. Ou du moins j'en avais. A quoi? A tout.
A répondre. A interrompre. A clouer le bec. A me mêler aux autres.
Depuis longtemps je mène un long et laborieux combat contre moi-même, que je gagne peu à peu.
Mes armes, plus le temps passe, sont les plus simples.
Je viens d'en découvrir une : le sourire.
J'avais déjà remarqué l'effet du sourire au téléphone : il transforme la voix. Mais c'est un effet mécanique.
Le sourire est aussi utile in situ. Dans mon travail, alors que la plupart de mes collègues m'exaspèrent et que mon chef est un idiot, je souris. Cela ne fait pas longtemps, je crois que cela date de cette année.
Le sourire donne le moral.
Il ne s'agit pas de plisser les lèvres pour les incurver. Il s'agit de donner un vrai sourire, avec les yeux aussi. Donc il faut s'alléger le coeur ( travail en amont à prévoir).
Le sourire peut d'abord être ironique, bon début, sans méchanceté, mais distant; il peut se nuancer ponctuellement de chaleur. Afin de sourire, observez autour de vous ce qui fait sourire - tout. Nous vivons dans un roman. (Pas vous?) Repérez les petites faiblesses de votre entourage et souriez-en, en essayant de les aimer.
Le sourire ouvre la route au rire.
Pour conservez le sourire, riez. De tout, même si vous êtes triste. Riez des ridicules, riez des incohérences, des imprécisions, de l'excessive assurance. Cherchez des yeux tout ce qui peut, une seconde, vous sortir de vos pensées.
Le sourire est un cadeau
Un bon sourire, ni faible, ni timide, un sourire gai et sûr, est un cadeau à l'autre, cadeau qui peut être empoisonné. Si vous donnez de la gaieté, de la force, du bonheur, à une personne désagréable en face de vous (ce qui n'est pas facile, car plus elle est désagréable, plus il faut donner avec force), vous pouvez désarçonner et affaiblir cette personne.
Je ne suis pas absolument sûre de ce que j'affirme, car cela fait longtemps que je ne vis plus en France, et parce que c'est très difficile à réaliser concrètement dans certaines situations professionnelles ou sociales dans lesquelles on est en position de faiblesse. Disons que cela marche pour moi.
L'avantage de cela, c'est que vous ne perdez pas d'énergie (par la colère), vous ne montrez pas de faiblesse, vous restez positif et calme.
Au passage, en tant qu'enseignante, c'est valable aussi, mais encore une fois je n'enseigne pas en France...
Je précise qu'il faut sourire avec sincérité. D'où le travail en amont.
Exemple : j'ai toujours fui les regroupements de collègues, les soirées, les pots, mais il est très désagréable de remarquer qu'une fête ou un pot s'organise sans moi. Incohérent, d'accord, mais exact. Bon. Maintenant, j'assume. Je préfère toujours être seule. En plus, je me farcis suffisamment d'obligations pour fuir les superflus. Comme j'assume, je me parle à moi-même et je m'imagine la soirée, ou d'autres du même style, je la repasse dans mon esprit, celle, par exemple, que j'ai passé dans un canapé à lire ce qui me tombait sous la main (un livre de recette, un roman d'Amélie Nothomb) parce que je m'ennuyais - impolie, en plus! et après il faut rentrer, se coucher tard, nuit trop courte alors que j'aime dormir, tout ça pour éviter un serrement de coeur de quelques secondes. Je souris au souvenir de cet ennui, et en pensant que je vais me l'éviter. Parfois, je mets les pieds dans le plat, si les gens parlent devant moi par exemple, et je me mêle grossièrement de leur soirée - c'est bien avec des gens que la politesse bloque. Mais ce faisant, c'est une petite vengeance que j'accomplis, bien qu'elle soit injuste. J'en veux aux autres de n'être pas capables de me faire aimer les regroupements, j'en veux aux autres ce moyen de se distraire qui m'échappe complètement. C'est injuste, puisque je leur en veux d'être moi-même :alors je souris, pour compenser.
Pour bien sourire, il faut un coeur léger.
A répondre. A interrompre. A clouer le bec. A me mêler aux autres.
Depuis longtemps je mène un long et laborieux combat contre moi-même, que je gagne peu à peu.
Mes armes, plus le temps passe, sont les plus simples.
Je viens d'en découvrir une : le sourire.
J'avais déjà remarqué l'effet du sourire au téléphone : il transforme la voix. Mais c'est un effet mécanique.
Le sourire est aussi utile in situ. Dans mon travail, alors que la plupart de mes collègues m'exaspèrent et que mon chef est un idiot, je souris. Cela ne fait pas longtemps, je crois que cela date de cette année.
Le sourire donne le moral.
Il ne s'agit pas de plisser les lèvres pour les incurver. Il s'agit de donner un vrai sourire, avec les yeux aussi. Donc il faut s'alléger le coeur ( travail en amont à prévoir).
Le sourire peut d'abord être ironique, bon début, sans méchanceté, mais distant; il peut se nuancer ponctuellement de chaleur. Afin de sourire, observez autour de vous ce qui fait sourire - tout. Nous vivons dans un roman. (Pas vous?) Repérez les petites faiblesses de votre entourage et souriez-en, en essayant de les aimer.
Le sourire ouvre la route au rire.
Pour conservez le sourire, riez. De tout, même si vous êtes triste. Riez des ridicules, riez des incohérences, des imprécisions, de l'excessive assurance. Cherchez des yeux tout ce qui peut, une seconde, vous sortir de vos pensées.
Le sourire est un cadeau
Un bon sourire, ni faible, ni timide, un sourire gai et sûr, est un cadeau à l'autre, cadeau qui peut être empoisonné. Si vous donnez de la gaieté, de la force, du bonheur, à une personne désagréable en face de vous (ce qui n'est pas facile, car plus elle est désagréable, plus il faut donner avec force), vous pouvez désarçonner et affaiblir cette personne.
Je ne suis pas absolument sûre de ce que j'affirme, car cela fait longtemps que je ne vis plus en France, et parce que c'est très difficile à réaliser concrètement dans certaines situations professionnelles ou sociales dans lesquelles on est en position de faiblesse. Disons que cela marche pour moi.
L'avantage de cela, c'est que vous ne perdez pas d'énergie (par la colère), vous ne montrez pas de faiblesse, vous restez positif et calme.
Au passage, en tant qu'enseignante, c'est valable aussi, mais encore une fois je n'enseigne pas en France...
Je précise qu'il faut sourire avec sincérité. D'où le travail en amont.
Exemple : j'ai toujours fui les regroupements de collègues, les soirées, les pots, mais il est très désagréable de remarquer qu'une fête ou un pot s'organise sans moi. Incohérent, d'accord, mais exact. Bon. Maintenant, j'assume. Je préfère toujours être seule. En plus, je me farcis suffisamment d'obligations pour fuir les superflus. Comme j'assume, je me parle à moi-même et je m'imagine la soirée, ou d'autres du même style, je la repasse dans mon esprit, celle, par exemple, que j'ai passé dans un canapé à lire ce qui me tombait sous la main (un livre de recette, un roman d'Amélie Nothomb) parce que je m'ennuyais - impolie, en plus! et après il faut rentrer, se coucher tard, nuit trop courte alors que j'aime dormir, tout ça pour éviter un serrement de coeur de quelques secondes. Je souris au souvenir de cet ennui, et en pensant que je vais me l'éviter. Parfois, je mets les pieds dans le plat, si les gens parlent devant moi par exemple, et je me mêle grossièrement de leur soirée - c'est bien avec des gens que la politesse bloque. Mais ce faisant, c'est une petite vengeance que j'accomplis, bien qu'elle soit injuste. J'en veux aux autres de n'être pas capables de me faire aimer les regroupements, j'en veux aux autres ce moyen de se distraire qui m'échappe complètement. C'est injuste, puisque je leur en veux d'être moi-même :alors je souris, pour compenser.
Pour bien sourire, il faut un coeur léger.
Début
Je crée un autre blog plus discret pour mes interrogations sur moi-même, qui m'aident, mais ne volent pas très haut.
Je regrette des sentiments dont je ne suis pas fière, mais si je les ressens, je dois les assumer. Ou les combattre, mais pas les cacher.
Je regrette des sentiments dont je ne suis pas fière, mais si je les ressens, je dois les assumer. Ou les combattre, mais pas les cacher.
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