lundi 28 mai 2007

Eddie 2

Cela ne fait pas un mois qu'elle est partie et je me sens mieux. Bizarre, non?
Après les premiers temps, où je me sentais chose, quelque chose était vraiment mort et je sentais encore le membre tombé; je me sens libérée. Je ne me sens plus coupable de sortir de chez moi en pensant qu'elle, qui disait avoir envie de sortir et de rencontrer des gens, restait toute seule; je ne me sens plus coupable de revenir de chez des copains de mes enfants et de penser aux siens qui ne vont jamais chez personne - après avoir essayé, les pauvres, d'aller chez les copains de mes enfants; je ne me sens plus coupable de manger des trucs qu'elle ne mange pas, ni de lui amener ce que j'ai en trop parce que je me sens coupable de manger du tartare ou du carpaccio ou du foie gras.
Je me demande pourquoi je me sentais coupable comme ça? En général, tous les gens que je connais sont contents ou amusés quand on leur parle d'un bon moment qu'on va passer. Seule Eddie avait cette façon inimitable de me souhaiter une bonne soirée en baissant des yeux pudiquement douloureux sur l'horreur de la sienne. Seule elle me disait :"Ah, tu vas au zoo avec les enfants?" en laissant résonner dans les silence des mots imprononcés "c'est pas grave, les miens resteront enfermés à la maison", auxquels je répondais "mais si tu veux je prends les tiens" - et voilà.
La force des faibles. Ces gens qui vous déposent en regardant ailleurs tout leur malheur dans les bras, et si vous grimacez ils disent : "Oui, je savais que ça te dérangerait..."
Et elle continue à créer son malheur. Elle s'est disputé avec sa nouvelle femme de ménage (nouvelle du déménagement) et n'a personne pour lui faire le ménage de son palais et garder ses enfants. Et son ex-mari depuis deux ans, dont elle ne cesse par ailleurs de déplorer le caractère, lui garde, comme toujours, ses enfants, alors qu'il travaille maintenant à 150 km... Mais je sais ce qu'il veut : la récupérer (il est amoureux d'elle). Il m'a dit il y a deux ans : elle ne peut pas se passer de moi. A l'époque, j'ai souri. Maintenant, je suis impressionnée : elle pourra toujours compter sur lui, alors qu'elle se dispute avec tout le monde. Il la récupérera peut-être, après tout...

jeudi 24 mai 2007

Surmenage?

Cela fait deux jours que je n'ai pas travaillé. Je suis chez moi et je ne fais rien. Repos absolu. Vide. Néant. Merveilleux.

dimanche 20 mai 2007

Jouer 2

Jouer, j'ai dit, et je le pense mais sje n'arrive pas àjouer avec tout, par exemple les pots de départ me stressent, pourquoi? Surement un transfert.
Déjà le mois de juin est pénible (avec l'arrêt des notes fin mai on fait cours dans le vide pendant un mois sans la carotte du contrôle - cette année je vais essayer de positiver plutôt que de râler - enfait j'ai déjà râlé auprès de tout le monde donc j'ai l'air bête de râler autant, j'arrête). Fêtes, pots, réunions, on n'arrête pas, et c'est nul.
La nana qui veut me faire une fête n'est pas une amie, c'est la mère d'un copain de Titou 1. Je connais son groupe, ils sont sympas, je les ai même fréquenté un moment, 4x4, allers-retours en France fréquents, gauche caviars, enfants bien élevés et gâtés qui font des conneries, maisons dans quartiers chics. Bon. Ils se réunissent et comme ils n'ont rien à dire ils jouent à des jeux de sociétés pour adultes, ou il faut deviner des trucs ou faire des dessins et du mime. C'est comme le quad : quand on y est, autant jouer, c'est rigolo, mais j'ai horreur de ce genre de soirée et on n'en pas fait plus de deux. Ils ont des usines dans lesquels les locaux, et surtout les locales (les seules qui bossent, les hommes fument la chicha au café) sont employés, ils sont paternalistes.
Bon. Je critique même pas, je les comprends mais en revanche je m'ennuie mortellement avec eux et cette année nous n'avons jamais été chez aucun d'entre eux.
Et les années précédents on s'est vu mais très peu.
Alors pourquoi une fête? Un adieu à quoi, au juste?

Est-ce que ça doit me stresser? Je pourrais peut-être prendre ça de loin. Au lieu de ça j'y pense tout le temps. Je n'aime pas les conflits, je ne veux pas dire qu'elle m'emmerde... En plus, si les enfants doivent se revoir...
Bon, je vais traiter le problème en local : baad choueia. (ça me rappelle un village du centre de l'Espagne, avec l'Ours on se pointe vers 17 heures devant la tienda, fermée, et on coince quelqu'un qui nous dit que ça va ouvrir (haussement d'épaules) luego, et nous, oui mais quand? Réponse luego. On revient à 18 heures, 19 heures, et on a alors compris tout le champ sémantique de luego, qui recouvre probablement parfaitement celui de baad choueia, ou même baad pas choueia).
Quand vous avez un problème, un solution : laissez le pourrir. Avec un peu de chance, il disparaitra.

week end merveilleux

Après visite chez le médecin, infection de la peau, du derme et de l'hypoderme qu'il m'a dit, d'où oedème, d'où arrêt de trois jours dont un d'école (avec jambe en l'air) d'où j'ai appelé mon collègue, quel dommage je ne peux pas venir.
Chic.
En plus je reste à la maison lundi.
Pour que ma jambe désenfle je vais lire allongée sur mon lit avec un coussin sous le pied.

samedi 19 mai 2007

Y a des jours

Week end horrible.
Il faut que je relise ce que j'ai écrit sur le jeu et le sourire.
D'abord, je suis invitée au pot de départ d'un collègue, mais à la capitale, soit 150 km. J'ai toujours du mal à partir. En plus je n'ai aucune envie d'y aller; certes, c'est mon collègue préféré, mais, rien d'autre qu'un collègue, pas un ami; il part, je m'en fous; je sais, c'est mal, je suis trop sauvage, mais je m'en fous.
En plus il y aura tous les autres collègues, donc c'est comme si j'étais au boulot. En plus tout le monde est du genre à se coucher tard, et moi je ne veux pas. Je veux dormir. J'aime dormir. Il va falloir que je joue le jeu, que je rigole, par courtoisie vous comprenez, que je danse même alors que je déteste ça; on va me parler; il y a toujours quelqu'un dans ce genre de soirée, qui se branche avec vous et qui s'intéresse tout d'un coup et il faut parler, prononcer des mots, vains et vides, qui nous avancent à quoi? parfois je suis prise dans les mots et je parle, toute seule, mue par un ressort intérieur; mais plus ça va moins je parle. Si je ne parle pas je deviens semblable à ces gens désagréable qui m'ont rendus muette et qui m'ont fait changer; je ne sais pas si vous saisissez mon raisonnement; j'étais une jeune fille pipelette et baratineuse, toujours contente de parler de tout avec tout le monde; j'aimais parler aux gens, même ceux que je reverrais jamais. J'espérais, dans le lot, trouver des amis, des personnes avec qui parler, passer des moments - j'en ai toujours trouvé, mais toutes mes amitiés ont fini bizarrement, pas par des brouilles, mais avec des histoires, une lassitude. Je suppose que j'en faisais trop et que je lassais les gens; je me remets en cause sans problème; mais du coup je préfère ne plus parler; si c'est pour entamer une relation et être déçue, pourquoi commencer? SI je fais des erreurs, qu'on m'explique, et j'essaierais de m'améliorer, mais d'un autre côté, si c'est pour ne plus être naturelle, c'est difficile d'avoir des relations suivies avec les gens. Donc, autant ne plus parler, comme ça on ne commence pas de relations, vous voyez?
Alors si je vais à une telle soirée, si je ne danse pas, si je ne discute pas, je fais quoi? Je fais ma polie, c'est tout.
En plus il va me falloir organiser une soirée d'adieu, on m'en parle et devant mon air peu réjoui on m'a dit qu'on allait m'en organiser une!!!
En plus j'ai mal à la jambe, c'est bizarre, et je n'ai pas été voir le médecin, j'ai tort je sais, mais je déteste les médecins et celui qui me suit est absent.
En plus l'Ours est désagréable en ce moment, comme il sait l'être, absorbé dans ses pensées et son travail et il parle par grognement et comme il considère qu'il fait tout ou beaucoup de choses dans le couple alors que moi non, il me pose des questions du genre "Qu'est-ce que tu as prévu pour ce soir?", sous-entendu lui ne prévoit rien c'est moi qui doit me débrouiller, alors je me débrouille à ma façon.
Bref. Ma jambe est bizarre, j'appelle un médecin.

mercredi 9 mai 2007

Jouer

Parlons du jeu.
Un jour j'ai compris que tout ceci n'était qu'un jeu, en attendant l'issue inéluctable que nous connaissons tous.
Jouer aide à sourire.
Jouer permet de relativiser.
Tout n'est qu'un jeu. Nous ne vivons pas réellement. Rien ne peut être vraiment sérieux, n'est-ce pas? Tout va s'arrêter, et la vraie vie va commencer.
Comment prendre au sérieux la vie? Elle nous blesse, mais il ne faut pas y croire. Les gens peuvent-ils être aussi mesquins? Tous dans la même galère, est-il sensé de croire que nous soyons aussi sourds à nos compagnons d'infortune?
Chaque fois que j'ai voulu être gentille et aider des gens, je me suis fait avoir. Bon. Je peux aussi être méchante, et maintenant je vis ma vie pour moi, un peu seule, mais bien contente. Est-il possible qu'il faille en arriver là?

Bon, j'arrête avec mes blagues mi-figue, mi-raisin. Ce n'est pas drôle.
Cependant, prendre la vie comme un jeu (là, vous venez de perdre : pas grave, la prochaine fois vous gagnerez - ou l'inverse) aide beaucoup. A chaque anicroche vous souriez. Vous pensez, d'un coeur léger et sans vous appesantir sur votre malheur, à la prochaine étape, ou au lendemain. Vous vous débarrassez de pensées tristes et mortifères.

Jouez! La vie est un jeu.
Du coup^, on devient gai et léger et tout va mieux.

Evidemment, il ne faut pas être dans une situation grave, risquer de perdre son emploi ou être malade. Pourtant, si l'on savait jouer et rire dans de semblables circonstances, ce serait mieux sûrement.

lundi 7 mai 2007

Le sourire de Ségolène

Immédiatement ou presque après sa défaite, elle a été parler avec le sourire, avec un sourire d'une force incroyable - elle m'a sciée.
Peu importe ce qu'elle a dit, tout était dans le sourire.
Il disait (un peu comme le Caligula de Camus) :" je suis encore là! Ce n'est pas fini!"
Les choses, pour elles, ne font que commencer : elle s'est emparé du parti, et bien que je ne sois pas du tout de ses partisans, j'admire (je ne peux pas m'en empêcher) sa force. Est-ce du stalinisme non-violent? (Elimination progressive des adversaires, en les faisant alternativement passer du statu d'allié à celui d'adversaires à éliminer, en s'appuyant sur de nouveaux alliés, futurs adversaires à éliminer).
Quand je dis que je l'admire, précisons que c'est avec une sorte de fascination pour l'animal politique. Simultanément, elle me fait peur, exactement autant que Sarkozy, mais le style de Sarkozy est différent.
D'ailleurs toute la politique me terrorise en ce moment, mais une chose est sûre, ou plutôt deux :
  1. Les démocraties évoluent toutes en dictatures.
  2. On a les hommes politiques que l'on mérite et que l'on se donne (je ne pense pas seulement à l'élection).
Quoiqu'il en soit, ce sourire était, à mon avis, terrible, et il avait quelque chose de terrifiant dans sa force.
Franchement, je l'avoue, j'ai trouvé Ségolène gourde pendant tout le début de la campagne.
Elle m'a épaté durant son débat : méthodique, volontaire, habile.
Le sourire m'a achevé.
A mon avis, les Vieux-Socialistes sont cuits, mais elle... elle est peut-être encore plus machiavélique que Mitterand.