dimanche 24 juin 2007

Week-end

Normalement, le week-end est fait pour se reposer, non?
Cela étant, il suffit de dire non.
Dimanche, pique-nique avec des fans du pique-nique.
Plage, parasol, on se baigne...
La mer est paradigmatique, plate, bleue durant la journée, grise le soir, et calme...
Chaleur, vin rouge, 4x4... Les gens sont sympas, notez, et tout le monde aux petits soins puisqu'on s'en va.
Une seule envie : dormir.

samedi 23 juin 2007

Un jour sans fin

Aujourd'hui : fête de l'école primaire.
Ce soir : spectacle de collègues + fête.

Si on ne m'invitait pas, je me sentirais mise à l'écart et je serais triste. Là, je ne me sens pas mise à l'écart. Mais je me tape des merdes.
Bon, en tant qu'ancienne timide, j'ai fait du chemin. Je suis contente. Maintenant, il faut que je sois au delà des conventions sociales. Que je travaille mon orgueil, encore que là c'est plutôt ma vanité.

Ce n'est pas le sirocco, on baigne dans une moiteur humide; je colle. Il fait 40. De temps en temps, on sent une brise.
A minuit, j'aurais bien avancé dans ma route vers le départ.

Parce qu'elle avait rencontré Dieu, Thérèse de Lisieux était bien contente d'échapper aux joies du monde terrestre; on la comprend. Si j'étais plus contemplative...

mercredi 20 juin 2007

Humour

Je devrais peut-être rigoler plus au premier degré. Quand je vois des trucs qui me choquent en particulier.
Hier, par exemple, en allant au boulot, le passager d'une voiture a fait le ménage dans sa voiture et vidé des papiers, boites de yaourt à boire vides et stylo usagés, je suppose, par la vitre.
Drôle, non?
En fait je n'arrive pas à ironiser; cependant, je sais que c'est le fruit d'une éducation, au niveau national. Nous l'avons eu en France; ici pas encore.
Mais bientôt : ils sont branché à fond sur l'environnement, en ce moment.

Intégrée?

Une commentatrice sur Parisienne exilée m'a laissé un commentaire qui m'a vraiment fait réfléchir. Je ne vois par ailleurs pas le rapport avec ce que j'ai écrit, sauf qu'elle avait peut-être l'impression, vu ma façon de m'exprimer, que j'étais "hors" d'un groupe et donc pas intégrée; mes textes ne doivent pas être très clairs. Enfin peu importe, elle s'étonne que j'ai vécu dans plusieurs pays et que je ne sois pas intégrée. Elle pose la question, et je me la pose aussi. Intégrée ou pas?

Cette question est vraiment intéressante pour moi. Avant, quand j’étais plus jeune, je me sentais toujours en tiers et j’étais dominée par le mal-être que ce sentiment faisait naître en moi. Je me sentais toujours cruche, gourde, bécasse.

A chaque pays d’expatriation, ce sentiment a décru, et ici, ce sentiment a disparu. Plus jamais je ne me sens gourde ou cruche. Même quand je mange mes mots, quand je m’embrouille dans mes phrases, je suis à l’aise ; j’ai assumé ma maladresse, mes airs ahuris, et je m’en fous.

Ici, dans ce petit pays, dans cette petite ville, je suis une personne du microcosme ; encore ce soir, à une soirée officielle, j’ai rencontré des gens qui déplorent mon départ, alors que je les connais à peine ; c’est l’effet poster dans une petite pièce : je faisais partie du décor, on m’enlève, ça fait un trou. Il se comblera très bien, comme celui de mes prédécesseurs s’est comblé, mais cela crée un petit vide pour quelques mois.

Mais il s’agit un peu d’une place officielle, si je puis dire ; qu’en est-il en intime ? Ai-je des amis ? j’en ai – mais j’ai des problèmes avec mes amis, je n’aime pas les voir trop, ni qu’ils soient trop nombreux en même temps (dès qu’on est plus de trois, on est une bande de cons – c’est un sentiment constant en moi). Cependant, j’ai toujours été comme cela, y compris en France.

Est-ce que je connais beaucoup de locaux ? Pas beaucoup, mais suffisamment ; mon sentiment en voyageant n’a jamais été de m’intégrer, mais de me faire une vie agréable ; en effet, je suis toujours arrivé quelque part en sachant que j’allais repartir ; ma vie est comme une roulotte ; je regarde le monde extérieur avec curiosité, je sors, mais je rentre dans ma roulotte. Ce sentiment n’amène pas à connaître beaucoup de locaux. Mais il permet de mieux gérer les changements.

Pourtant, depuis sept ans, j’ai tout de même rencontré des gens, et des locaux. Maintenant, je les fuis, vu les situations dans lesquelles je me retrouve (obligée de renvoyer des ascenceurs).

Alors, intégrée ?

Ma réponse est : socialement, oui, mais mon cœur ne s’intègre pas.

Mais de tout cela il ressort quelque chose : la jeune fille angoissée, mal à l’aise, empotée, se tape des soirées où elle se sent parfaitement à l’aise ; c’est un sentiment très agréable. Il faut améliorer : les soirées officielles, ici, c’est du pipi de chat. C’est la soirée officielle de Trifouillis les Oies ; je dois améliorer. J’aurais dominé mes angoisses dans de vraies grandes soirées.

Ce soir, par exemple, j’ai serré la main d'un employé à niveau élevé du consulat; j'étais avec un prof de fac local pour lequel je fais des traductions, et lui, il était tout fier d'être aux côtés d'une prof française, parce que c'est bien, c'est chic, une prof française, il a dit au consul adjoint qui j'étais; mais le consul adjoint n'a pas le même point de vue que lui, il s'en fout, des profs françaises : je suis pour lui une fonctionnaire de niveau inférieur, avec un peu de chance je râle tout le temps, alors qu'un prof de fac local, ça c'est intéressant : voilà comment les gens sont l'un en face de l'autre avec des visions du monde totalement divergentes.

Autre chose : en Espagne, je n’étais pas intégrée ; avant mon passage à l’hôpital et mon frôlage de la mort, je ne parlais pas espagnol. Mais je me suis toujours senti bien en Espagne, dans ce mode de vie. Alors, dans quel cas est-on plus intégrée : dans un pays où l’on est isolée, et pauvre, mais où l’on se sent bien, ou dans un pays où l’on est entourée, riche et où l’on a un personnage social mais en divorce total avec soi-même ?

mardi 19 juin 2007

Eté

Il fait chaud, mais un peu moins. Je bois du vin rouge. Je finirai alcoolique.
La mésaventure de ma collègue me prouve que mon attitude à l'écart de tous est la bonne et que ce pays est vraiment démoralisant.
Pourquoi?

dimanche 17 juin 2007

Eté

L'appart baigne dans une douce chaleur. Le soleil entre par toutes les fenêtres, ouvertes. Les enfants jouent. C'est la saison que je préfère. Nous partons dans quatre semaines...

dimanche 3 juin 2007

Sourire encore

Il y a des jours un peu durs mais je reste convaincue qu'il faut sourire et avancer.
Cette semaine, un matin, j'écrivais à l'ordi, et l'Ours passe : il est sept heures trente.
L'Ours ne le sait pas mais il est un fan de la litote et je déteste. Quand il dit il est sept heures trente, cela veut dire : dépêche-toi.
Depuis quelque temps je positive tout, et c'est mieux, mais ce jour-là je me lève agacée en lui disant que je suis toujours à l'heure en ce moment et qu'on arrive au boulot vingt minutes avant l'heure ce qui suffit.
L'Ours muet s'habille et va se mettre devant la télé, au lieu de commencer à houspiller tout le monde, en mode : très bien puisque c'est comme ça je ne dirais plus rien.
C'est donc moi qui ai dit : on y va.
J'aurais pu râler et lui dire qu'il faisait la gueule pour rien parce que c'est vrai qu'il nous houspîlle tous les matins, en râlant, résultat je suis prête à sept heures et quart pour sept heures quarante, ce que voyant il y a des matins où il partirait presque à sept heures trente, alors on arriverait au boulot à sept heures cinquante.
Bref. Je n'ai rien dit, j'ai affiché un enjouement pas trop outrageux. Je suis descendue de la voiture quand il a fallu, j'ai dit au revoir bonne journée.
Le soir, il m'avait préparé un repas, et fait un autre truc gentil.
J'avais oublié le matin.
Je m'en suis rappelé parce qu'il a dit à ses fils (il dit des trucs aux garçons mais c'est à moi qu'il parle, c'est un autre truc qui m'agace) : vous savez, avec votre mère, faut faire gaffe, sinon on se fait engueuler.
J'ai dit à mes fils : Vous direz à votre père qu'il est pas obligé d'engueuler tout le monde le matin.
Mais il faut qu'on arrête de parler aux garçons.